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25/06/2008

Entretien avec un ... Conseiller Professionnel (Part 2)

Wolf Bonjour à tous,
Aujourd’hui, je vous parlerai du métier de Conseiller Professionnel … à partir d’un entretien effectué avec une étudiante en Sociologie.


( ... )

Et sinon, ça fait combien de temps que vous faites ce métier ?
Ca fait 3 ans.

Est-ce qu’auparavant, vous avez fait, autre chose que conseiller professionnel ?
Ah oui, j’ai fait plein de choses … beaucoup, oui.

C’était des métiers en lien avec ce que vous faites aujourd’hui ?
ça dépend de quel point de vue on se place, de mon point de vue c’est complémentaire.
Du point de vue d’autres personnes on peut considérer que c’est antinomique, mais pas pour moi.
Je suis formateur à la Chambre des Métiers, donc je forme les chefs d’entreprise au Droit du Travail, Ressources Humaines, Psychopédagogie, Affirmation de soi, Gestion du stress.
Je travaille également avec l’Institut de Formation en Soins Infirmiers pour le recrutement des étudiants infirmiers et je les revois en troisième année sur des modules de Satisfaction au Travail, Qualité de vie au travail, Surdité et Paralangages, et Psychologie de l’adolescence.
Je travaille également avec l’Ecole d’Ingénieur de Blois, où je forme les troisièmes années à la Psychosociologie du travail.
Je crois que c’est à peu près tout, pour le moment.
C’est vrai que j’ai un emploi du temps chargé, mais je ne fais pas plus de trente neuf ou quarante deux heures, ça dépend des semaines … mais pas plus. Et puis de toute façon le week-end, je ne travaille pas : je glande… Chaque chose à sa place… Pour le moment c’est à peu près tout.

Pour en arriver à faire toutes ces choses là, vous avez fait quoi comme études ?
Après c’est quand même pas mal de concours de circonstance, j’explique : donc moi j’ai passé mon bac il y’a quinze ans maintenant de ça. J’ai commencé à travailler: je voulais voir un peu le monde du travail, je voulais voir comment ça se passe.
J’ai fait de l’industrie, j’ai fait de la restauration, j’ai fait de la distribution, tout ça c’était bien, c’était intéressant … vider des camions, vider des wagons la nuit, c’était rigolo, puis au bout d’un moment je me suis dit : « Mon bonhomme tu as un bac en poche, je pense que tu ne vas pas faire ça toute ta vie », à partir de ce moment là, donc quatre ans après, j’ai repris mes études.
Et en reprenant mes études je me suis dit « Quelle est la filière qui m’intéresse le plus, dans laquelle je vais me sentir le plus à l’aise et qui pourra m’être utile plus tard ». Et j’ai choisi la psychologie et au fur et à mesure, après je me suis dit « En fait ce qui m’intéresse dans la Psychologie, c’est la psychosociologie », et arrivé en Licence, toutes mes options : je les avais en Psychosociologie, et puis après je suis parti à l’armée parce qu’il a fallu.
J’ai passé presqu'un an là bas, après je suis revenu, je me suis inscrit en Maîtrise en Psychosociologie du travail et des organisations.
La maîtrise en poche je me suis dit « Bon, le Master sur Tours il n'est pas encore ouvert », enfin à l’époque ça s’appelait un D.E.S.S, ce n’était pas encore ouvert, je me suis dit « Bon je vais continuer à travailler, je vais aller me faire mon expérience, et une fois que ça sera fait, je postulerais pour le D.E.S.S qui sera sur Tours ».
Et puis j’ai fait un an et demi de chômage parce que ça ne voulait pas venir, j’ai fait un ou deux remplacements. J’ai fait deux remplacements ici, puis l’année d’après c’est la Chambre des Métiers qui m’a recruté, la même année l’Institut de Formation en Soins Infirmiers aussi, puis ici ils m’ont rappelé, je suis revenu et depuis tout roule.
En fait, c’est aussi un concours de circonstance parce que pour les organismes de formation … je me suis retrouvé dés la première mission pour laquelle j’ai été recruté, à discuter dans les couloirs, et on m’a proposé d’autres choses, alors que ce n’étaient pas des offres qui étaient tombées comme ça.
Pour l’Ecole d’ingénieurs, ils m’ont recruté … ils m’ont trouvé sur Internet. J’ai un site Internet, ils m’ont trouvé et … ils m’ont appelé pour me dire voilà « On a un projet à vous proposer, est-ce que ça vous intéresse ? ». Donc j’y suis allé.
Donc après comment est-ce qu’on fait pour en arriver là, je dirai la plupart d’entre nous, c’est un peu un concours de circonstances.
Maintenant la formation de Conseiller en Insertion, elle est récente. Jusque là, la plupart des conseillers étaient effectivement, soit d’anciens travailleurs sociaux, soit des gens qui comme moi sont passés par la Psychologie, multiplie les activités pour essayer d’avoir un maximum de connaissances du monde de l’entreprise et du monde du demandeur d’emploi en particulier.
Maintenant, l’insertion recrute aussi beaucoup de commerciaux, de plus en plus, pour faire de la prospection. Compréhension du monde du demandeur d’emploi et compréhension du monde de l’entreprise, ce sont les deux phases complémentaires, on ne peut pas faire l’un sans l’autre.
Si on est focalisé que sur le demandeur d’emploi. On risque d’entretenir le demandeur d’emploi dans ses problématiques et faire du social que pour faire du social et ce n’est pas bon pour lui … ni pour nous d’ailleurs
Et si on est axé que sur l’entreprise … fatalement tous ceux qui ne rentrent pas dans le cadre, ils vont rester sur le carreau … donc ce n’est pas bon non plus … ni pour eux, ni pour nous.
Donc à mon avis, le mieux c’est effectivement d’avoir les deux facettes. On ne peut pas travailler l’un sans l’autre, si l’entreprise a des besoins de compétences, les demandeurs seront là. Si les demandeurs d’emploi ont besoin de retrouver un travail ça ne passera que par l’entreprise.
ça ne peut pas fonctionner l’un sans l’autre. Ce ne sont pas deux mondes opposés. En tous les cas, ça me semble une aberration de fonctionner comme ça. J’ai quelques collègues qui pensent ça et je trouve ça dommage. Ce n’est pas les gentils d’un côté, les méchants de l’autre. Les cow-boys et les Indiens : c’est fini ça … c’est fini.

Quelles sont les freins qui ont conduit les demandeurs que vous recevez, à s’éloigner du monde du travail?
Le niveau de qualification … c’est-à-dire soit des gens qui ont un diplôme mais qui correspond plus au monde du travail actuel. Là, j’ai une dame par exemple, elle a un CAP de perforatrice de carte IBM. Il ne faut pas me demander ce que c’est, je n’en sais rien, j’étais probablement pas né à l’époque où ça existaient ces trucs là. Je n’en sais rien, je ne sais pas ce que c’est, tout ce que je sais c’est que ses connaissances du milieu informatique sont bien décalées de ce qui se fait à l’heure actuelle. Sinon j’ai eu médecin radiologue dans son pays d’origine. Ce n’est pas un manque de niveau de qualification, c’est que là, le niveau de qualification n’est pas adapté à ce qui se fait ici… Des ingénieurs nucléaires en Iran, etc.…
Et ça ne colle pas en France, parce que la France ne reconnaît pas les diplômes, enfin certains diplômes obtenus à l’étranger. Je ne sais pas pourquoi, et puis, à la limite je ne veux pas le savoir, je pense que sinon ça me mettrait en colère. Mais je ne veux pas le savoir.
Toujours est-il que majoritairement on a des problèmes de qualification, difficultés de mobilité, quoi que la mobilité, j’ai parfois l’impression que ce soit les demandeurs d’emploi ou les entreprises qui se mettent ça comme frein supplémentaire … Moi ça fait presque dix huit ans que je travaille, je viens simplement d’obtenir mon permis, et pourtant je n’ai pas arrêté de travailler jusqu’à présent. J’ai du mal à concevoir comment ne pas avoir de moyen de locomotion, ça peut être un frein … quand on veut, on peut.
Je me souviens d’avoir vidé des wagons à deux heures, trois heures du matin et dans des zones industrielles ou dans des zones d’activités commerciales très loin mal desservies par les bus. Il fallait y aller, j’y allais.
Difficultés avec la langue aussi beaucoup, ça, ça revient souvent et curieusement des personnes de nationalité française ou non.
Un problème d’alphabétisation, d’illettrisme assez important et enfin il y’a un sérieux décalage avec le monde du travail, souvent des longues périodes d’inactivité, ça, ce sont les choses qui reviennent assez fréquemment, après … jeunes, âgés, hommes, femmes, avec ou sans enfants, mariés, concubins, divorcés, tout ça c’est variable.
Mais le plus gros des difficultés, oui, c’est au moins ces quatre là.
Et puis les difficultés de santé aussi qui reviennent aussi assez régulièrement. On fait avec, il faut juste adapter l’emploi.

Pour amener le demandeur vers l’entreprise vous agissez comment et avec qui ?
Il y a les possibilités de stages, il faut voir ce qu’attend la personne parce qu'il y’a … certains stages qui vont être utilisés par la personne uniquement pour se mettre volontairement en difficulté, il y’a d’autres stages qui vont être utilisés par l’entreprise uniquement pour de la rentabilité, alors que ce n’est pas fait pour ça etc.… En même temps je dirais que les stages comme les emplois il y’a des bons et des mauvais côtés, y’a des gens qu’en abusent d’un côté comme de l’autre, puis il y’a des gens avec qui ça se passe très bien.
Après, les amener à l’emploi, c’est effectivement faire en sorte qu’ils passent déjà un premier entretien d’embauche, qu’ils arrivent à faire un premier remplacement ou qu’ils trouvent un premier contrat et après à charge à moi de rester en contact avec eux et avec l’entreprise, pour que, au moins les six premiers mois du contrat ils arrivent à se coordonner tous ensemble.
Au moins six mois. Après au-delà de six mois en général, on n'a plus de nouvelles… on n'a plus de nouvelles parce que les gens, quand ils ont changé de statut : entre demandeur d’emploi et salarié, après ils estiment que c’est une page à tourner et c’est très bien, c’est très bien. Nous devenons le passé.
Le but du jeu c’est qu’on passe le moins de temps possible ensemble et ça pareil … ça fait partie des premières choses que je leur dis « On passera le moins de temps possible ensemble et une fois que vous serez sortis de là… enfin on n’aura pas forcément de rapport après ».

Et ça peut durer combien de temps pour que les demandeurs  trouvent un emploi?
En moyenne 18 mois. C’est pour ça que je dis en moyenne parce qu'il y’en a certains où ça va durer 24 mois et d’autres en 6 mois c’est réglé.
Tout dépend du degré de confiance que la personne s’accorde, du degré de confiance qu’elle m’accorde, du niveau de qualification au départ, de son âge, de ses opportunités par rapport aux entreprises qu’elle a visées, parce qu'il y’en a certaines qui sont plus fermées que d’autres…,
Du moment où on va se rencontrer, si on se rencontre en plein été, là on est sûr qu’on peut attendre au moins une année, parce que l’été ce n’est pas la période de recrutement, tout simplement.
Alors du coup pendant l’été où il y aura moins de recrutements, on va alors retravailler sur la lettre de motivation, sur le CV, présentation de l’entreprise, Droit du travail etc.… Mais je sais que pendant les trois mois d’été, la recherche d’emploi pur, ça ne sert pas à grand chose, c’est un peu une perte de temps. Donc on va axer l’accompagnement sur autre chose et principalement sur l’individu.
Mais de toute façon, il faut se rentrer une chose dans la tête c’est que : Et d’une, on ne pourra pas sauver tout le monde, et de deux nous avons du travail parce que d’autres n’en ont pas. Et à partir du moment où on a ça, rentré dans l’esprit, déjà ça calme. Non, on ne peut pas sauver tout le monde.

Quel rôle avez-vous dans les ateliers mis en place par l’association ?
C’est moi qui les forme le mercredi après-midi : soit pour les recherches d’emploi, soit la connaissance des entreprises, soit de la communication. On fait de temps en temps venir des intervenants, donc soit des gens de l’ANPE, de la CAF, d’organismes de formation pour leur expliquer aussi comment ça fonctionne.
Donc le but, en fait, c’est de lever un maximum d’interrogations, et d’incertitudes. A partir du moment où les gens ils savent à quoi s’attendre : et d’une ils ont plus confiance en moi, mais surtout plus confiance en eux, et après on avance un peu plus vite. Plutôt que de leur dire « Voilà, là vous allez dans cette direction là, là c’est là, après … » autant qu’ils fassent leur choix eux-mêmes à partir des connaissances qu’on leur a données.




A bientôt.
15.

24/06/2008

Pensée du Mercredi (25/06/08)

Visage_01_2 Vie moderne ...
« Nous le savons ... Mais pourquoi donc ne changeons-nous rien?

Le paradoxe de notre temps est que nous avons de plus grands bâtiments mais de plus petits tempéraments, des autoroutes plus larges mais des points de vue plus étroits.

Nous dépensons plus mais nous avons moins, nous achetons plus mais apprécions moins, nous avons de plus grandes maisons, mais de plus petites familles, plus de commodités mais moins de temps.

Nous avons plus d'instruction mais moins de bon sens, plus de connaissances mais moins de jugement, plus d'experts et encore plus de problèmes, plus de médicaments mais moins de bien-être.

Nous avons trop, nous fumons trop, nous nous dépensons inconsidérément, nous rions trop peu, conduisons trop vite, nous nous mettons trop en colère, nous nous levons trop tard et fatigués, nous pensons trop peu, regardons trop la télé et prions trop rarement.

Nous avons multiplié nos possessions mais réduit nos valeurs,  nous parlons trop, aimons trop rarement et haïssons trop souvent.

Nous avons appris comment gagner notre vie mais pas la vie. Nous avons ajouté des années à la vie, pas de la vie aux années.

Nous sommes allés sur la lune et en sommes revenus, mais avons des difficultés à traverser la rue pour rencontrer un nouveau voisin.

Nous avons conquis l'espace sidéral mais pas notre espace intérieur. Nous avons fait de grandes choses mais pas les meilleures choses.

Nous purifions l'air, mais nous polluons les âmes. Nous avons conquis l'atome, mais pas vaincu nos préjugés.

Nous écrivons plus mais apprenons moins.  Nous planifions plus mais nous accomplissons moins. Nous avons appris à nous précipiter mais pas à attendre.

Nous construisons plus d'ordinateurs pour obtenir plus d'informations, pour produire  plus de documents que jamais mais nous communiquons de moins en moins.


Nous sommes dans le temps de la nourriture rapide mais des digestions lentes, des êtres humains de grande taille mais de petits caractères,  des trop larges profits et des relations peu profondes.

Nous jouissons de deux revenus mais divorçons, nos maisons sont luxueuses mais nos foyers détruits.

De nos jours, nous faisons des voyages éclairs, et des couches-culottes jetables, nous appliquons une morale sur mesure, et nous engageons des flirts sans lendemain.

C'est l'époque des personnes obèses et des comprimés à tout faire, qui vous remontent le moral, vous apaisent et vous tuent.

C'est une époque où seule l'apparence compte au détriment du contenu. À notre époque, on peut choisir de partager ce texte ou de le supprimer.

Souviens-toi, passe du temps avec tes proches, ils ne sont pas là éternellement.

N'oublie pas de dire un mot gentil à quiconque te regarde avec admiration. Bientôt cet enfant pour qui tu es un héros sera devenu grand et vivra sa propre vie.

N'oublie pas de serrer dans tes bras les personnes que tu aimes, parce que c'est le seul trésor qui vienne du coeur et qui ne coûte rien.

N'oublie pas de dire je t'aime à ton partenaire et aux personnes qui comptent pour toi, mais surtout, dis-le avec sincérité.

On peut guérir n'importe quelle blessure en serrant quelqu'un contre soi, pourvu qu'on le fasse avec tendresse.

Souviens-toi de profiter du temps que tu as avec la personne que tu aimes, parce qu'un jour cette personne ne sera plus là.

Prends le temps d'aimer, de parler et de partager tes pensées intimes. Et n'oublie mais ceci:la vie ne se mesure pas par le nombre de fois qu'on respire, mais par le nombre d'instants beaux à couper le souffle. »

Georges Carlin (12/05/1937 - 22/06/2008)


A bientôt.
15.
PS : Une fois n’est pas coutume (Bon, d’accord, j’avoue … c’est la deuxième fois), je me permets de recopier cette pensée qui m’a été si judicieusement proposée.
A bon entendeur … Merci.

19/06/2008

Entretien avec un ... Conseiller Professionnel (Part 1)

Wolf Bonjour à tous,
Aujourd’hui, je vous parlerai du métier de Conseiller Professionnel … à partir d’un entretien effectué avec une étudiante en Sociologie.



«
Pouvez-vous m’expliquer votre rôle au sein de l’association et aussi dans la réinsertion professionnelle des personnes que vous accueillez ?
D’accord. Alors, l’association elle se répartit déjà en quatre structures différentes : le centre social, le centre de loisirs, la bibliothèque de quartier et nous, sur le pôle insertion.
Donc moi, là dans le cadre du pôle insertion, je suis engagé en tant que conseiller professionnel, c’est-à-dire pour aider les demandeurs d’emploi à trouver un travail.
Donc soit dans le cadre du P.L.I.E, Plan Local pour l’Insertion et l’Emploi, qui est commandité par Tours-Plus, c’est la communauté d’agglomération, là pour cette entité-là, je fonctionne pour un mi-temps. J’ai également un mi-temps pour le Conseil Général où là on fait du suivi de bénéficiaires du RMI, plus une petite partie sur les chantiers d’insertion où là je fais aussi de la formation.
Le but du jeu, c’est, avec les personnes, quel que soit leur parcours, quel que soit le stade où ils en sont, donc soit dans le cadre du P.L.I.E, du RMI ou du chantier d’insertion, de les prendre dans leur globalité avec leur passé, leurs aspirations, tout ce qui fait leur présent et les amener progressivement vers l’emploi. Et le travail durable en particulier.

Donc vous les amenez vers un emploi durable, et  un contrat, si possible à durée indéterminée ?
C’est ce qu’il y a de mieux, c’est ce qu’il y a de mieux, après… ce n’est pas toujours le cas, ce n’est pas toujours possible parce qu’il y’a une conjoncture socio-économique à prendre en considération, les entreprises, en fonction des moments, qui sont pas forcément aptes à embaucher, il y a des moments qui sont plus propices à l’embauche que d’autres.
Donc il y a tous ces paramètres à prendre en considération, sachant aussi que les gens n'ont pas forcément envie d’aller vers les métiers qui recrutent.
Par exemple là en ce moment là où ça recrute le plus c’est plutôt : l’hôtellerie, la restauration, le bâtiment…
Les personnes que je rencontre, elles ont entre 26 et 56 ans, le bâtiment ce n’est pas forcément leur truc, donc il y a aussi ça à prendre en considération.
L’emploi, c’est effectivement une bonne chose, maintenant la personne, elle va quand même y rester un certain temps et le but c’est qu’elle s’y sente bien quand même.
Le conseiller qui veut faire uniquement des statistiques, il peut se dire « voilà on embauche dans le bâtiment » et il pousse toutes les personnes qu’il a dans le bâtiment, ça va être bien sauf qu’au bout de trois à six mois, ils vont tous repartir et ce ne sera pas de l’emploi durable, ce n’est pas intéressant ni pour eux, ni pour nous d’ailleurs.

Parce qu’après ils reviennent ?
Oui, aussi … il y en a qui reviennent, oui.
Il y a des habitués du système de l’insertion aussi.

Je voulais savoir comment vous procédez avec les demandeurs pour leur trouver un emploi qui puisse leur convenir ?
La première chose à faire en fait quand on rencontre les personnes… Déjà pour la plupart ils ont déjà un parcours dans l’insertion professionnelle, ils ont rencontré un certain nombre d’accompagnateurs, un certain nombre de référents, de conseillers, donc ils ont déjà plus ou moins une certaine habitude de penser avec ce système d’insertion. Au début, en tout cas, ça m’avait surpris mais certains connaissaient nettement mieux le système que moi… les manières de détourner certaines attentes de l’ANPE entre autre, et moi je trouvais ça excellent.
J’ai beaucoup appris avec eux au début, j’ai beaucoup appris.
Donc en fait le but du jeu, ça va être déjà de … pas casser cette relation au social mais de…, enfin pas casser la relation au travailleur social mais en tous les cas de réinvestir les choses d’une autre façon, faire comprendre que d’une part moi je suis là en tant que conseiller professionnel, je n’ai aucun droit vis-à-vis de l’ANPE, mais d’autres instances de financement et que la relation qu’on va avoir, elle est uniquement basée et d’une la compréhension de l’entreprise et de la compréhension de leurs propres motivations et moi je fais l’interface.
Donc une fois que ça c’est à peu près compris, on va essayer de déblayer… ce qu’ils ont fait, pourquoi ça a marché, pourquoi ça n’a pas marché, ce qu’ils souhaitent faire, sachant que la plupart du temps ils veulent tout… ils veulent faire tout, mais en même temps sans rien savoir de précis, donc on va éliminer… ce qu’ils ne veulent pas faire.
Une fois que ça c’est fait, on arrive à quatre, cinq choix, trois peut être tout au mieux et en fonction de ça, on va se mettre effectivement à la recherche réelle d’emploi, mais dans un premier on ne va pas se lancer directement dedans … sachant qu’au début, je dirais que la relation… les premiers contacts avec un demandeur d’emploi c’est comme…un entretien d’embauche ou comme… un entretien de séduction.
En fait, chacun va donner le meilleur de lui-même et en fait avec le temps on va s’apercevoir qu’il y a des choses qui n’étaient pas tout à fait vrai… et puis ça va se construire avec le temps, on s’aperçoit en fait, qu’il y a la garde des enfants qui gêne, ou alors y’en a d’autres qui vont dire déjà d’entrée de jeu, « je veux travailler mais j’ai la garde des enfants » ce qui fait, que nous il va falloir creuser autres choses ou trouver des moyens alternatifs pour faire en sorte que la personne elle y aille quand même.

C’est pour ça que vous avez aussi un centre de loisirs en partenariat ?
Non, non ce sont des choses autonomes parce que la plupart du temps les gens, moi, que je reçois donc 26-56 ans, ils sont issus du secteur Ouest de l’agglomération donc ça va… du Cher à l’Avenue de Grammont jusqu’à la Loire et La Riche, donc ça pousse un sacré périmètre. Le centre de loisirs, il est principalement fait pour les gens du quartier.
Ce sont deux unités bien différentes : l’association et le centre de loisirs.
On n'accueille pas que des personnes du quartier et heureusement que toutes les personnes du quartier ne sont pas à la recherche d’un emploi, y’en a qui bosse quand même.

Les demandeurs d’emploi viennent- ils vous voir de leur propre plein gré ?
Non, non, on leur demande de venir, l’ANPE leur demande, la Direction du Travail peut leur demander, les services du RMI du Conseil Général peuvent leur demander, ils n’ont pas le choix et moi non plus.

Dans un tel climat d’obligation, quelle est votre relation avec la personne au départ ?
Ils sont tous obligés… ils sont tous obligés, ils n'ont pas le choix donc moi la première chose que je vais leur dire c’est ça déjà « vous n'avez pas le choix et moi non plus, donc après je ne sais pas combien de temps on va passer ensemble mais autant faire en sorte que ça se passe le mieux possible ».
La relation de confiance, elle va se baser avec le temps, à partir du moment où moi, je suis clair avec eux justement sur le fait de dire « Voilà vous n'avez pas le choix moi non plus et que tout ce qui va aller, je vais vous le dire et tout ce qui va pas aller, je vais vous le dire aussi ».
Parce qu’il est hors de question de continuer à entretenir cette relation avec les travailleurs sociaux, moi je ne me considère pas comme un travailleur social et ce n’est pas comme ça que ça va marcher … donc à partir du moment où les choses sont cadrées, sont dites depuis le début, que moi je fais ce que je dis et je dis ce que je fais, à partir de ce moment là, les gens commence à parler avec confiance.
Si jamais il y’avait un pépin, je serais là pour les défendre parce que c’est aussi mon travail, dans la limite de ce qu’on aurait fait précédemment, je ne vais pas défendre de manière inconsidérée.

Après avoir fait le choix d’un métier, qu’est ce que vous allez faire pour accompagner les demandeurs vers une entreprise?
La première chose à faire … en tous les cas moi, ce que je vais faire, c’est leur faire comprendre comment fonctionne une entreprise, leur faire comprendre pourquoi un employeur ne répond pas toujours quand ils envoient une candidature, leur expliquer quel est le chemin d’une offre d’emploi dans le système ANPE, leur expliquer comment fonctionne une séance de recrutement  etc.…
Une fois que tout ça c’est fait, on va pouvoir retravailler sur le CV, la lettre de motivation je vais leur expliquer un petit peu le droit du travail, un petit peu de communication.
Une fois que ça c’est fait effectivement, on va chercher à obtenir des entretiens d’embauche, des contacts avec des employeurs donc soit en faisant des visites d’entreprise, soit en demandant à des employeurs de venir etc.…Pour essayer de multiplier les contacts, de façon à ce que ce ne soit pas « le pauvre petit demandeur d’emploi constamment en attente de la réponse » du « méchant employeur ». Le principe c’est de casser cette image là, les stéréotypes ont la vie dure et j’avoue que c’est le plus compliqué.
Mais bon ce sont les règles du jeu et j’essaye de le faire … au mieux en tous les cas.

Et pour leur trouver une entreprise vous passez par l’ANPE ?
Absolument pas.
Les offres ANPE je ne m’en sers pas pour moi, je vais demander aux gens effectivement de regarder les offres ANPE et de postuler pour qu’ils gardent le réflexe de chercher, mais moi les offres ANPE ça va surtout me permettre de prendre la mesure sur les mouvements des entreprises et types de recrutement.
Ce qui fait que, sur une année, quand je vois qu’une entreprise recrute toutes les cinq semaines, je m’inquiète. Et quand j’ai un bénéficiaire qui me dit « voilà je veux postuler là parce qu’ils embauchent », je lui dis « Surtout pas, surtout pas, toutes les cinq semaines, ils recrutent ça veut dire que soit les gens ne tiennent pas en poste, c’est une probabilité, soit on a un problème de management, soit on a un problème de contrat etc.… »
Donc je mets en avant un certain nombre de conseils, maintenant si la personne elle veut y aller, elle y va, pas de problème.
Quelle que soit l’entreprise choisie, je n’ai pas à avoir d’à priori, simplement conseiller, dire simplement « voilà ce que vous pouvez gagner, voilà ce que vous pouvez risquer, après vous faites ce que vous voulez ».
Les offres ANPE, pour moi,  c’est surtout pour prendre la mesure, je m’en sers plus comme moyen d’observation. Moi je ne perds pas de temps avec les offres de ll’ANPE, sachant qu’en envoyant une demande : si pour une offre, l’employeur reçoit 200 réponses : on a en moyenne 0,5% de chance d’avoir un entretien concluant, je vais chercher ailleurs, par mes propres moyens. »



A bientôt.
15.

18/06/2008

Pensée du Mercredi (18/06/08)

6a00d8341c571e53ef00e54f18238788338 C'était l'Histoire d'un Mec ...

Le 26 septembre 1985, l'humoriste et acteur Michel Colucci lançait l'idée des Restos du Cœur, association qui ne devait être que temporaire. Il avait déclaré, sur Europe 1 : « J'ai une petite idée, comme ça... Si y'a des gens qui sont intéressés pour sponsoriser une cantine gratuite qu'on commencerait par faire à Paris et puis qu'on étalerait dans les grandes villes de France … »

Michel Gérard Joseph Colucci (28/10/1944 - 19/06/1986)


Aujourd’hui, ça va faire 23 ans que « la petite idée » est née, peu de choses ont changé, et comme il le disait
« En France aussi il y a des gens qui ont faim » et pas uniquement en hiver ...

Je me souviens avoir entendu quelqu’un dire, un jour :
« Si dans 20 ans les restos du cœur existent encore, c’est que nous aurons échoué … »

A bon entendeur
A bientôt.
15.

11/06/2008

Pensée du Mercredi (11/06/08)

Gandhi " Nous devons refuser de nous laisser emporter par le courant, un Homme qui se noie ne peut pas sauver les autres".



Mohandas Karamchand Gandhi (02/10/1869 - 30/01/1948)


A Bientôt.
15.

04/06/2008

Satisfaction au travail

Nuage_01 Bonjour à tous,
Aujourd’hui, je vous parlerai de satisfaction au travail.
Bien entendu, satisfaction au travail et insatisfaction au travail sont intimement liées sur un continuum.
A mon avis, la notion, si vague, de stress au travail peut, en quelques points, être clairement explicitée.
Il ne suffit pas de se dire « stressé par son travail », encore faut-il pouvoir poser des mots sur les maux.

Il s’agit d’une petite liste non exhaustive qui pourrait permettre d’y voir un peu plus clair :


1. LE CADRE MATÉRIEL DE TRAVAIL :

- L’architecture de l’entreprise
- L’architecture du bureau ou de l’atelier
- Le matériel mis à disposition
- Le mobilier des locaux, la présence de plantes
-
La température
- L’éclairage naturel ou/et artificiel

- La ventilation
- L’absence d’odeurs
- L’insonorisation des locaux
- L’anticipation des besoins matériels
- Les places de stationnement
- L’accessibilité de l'établissement ( transports en commun, véhicules )


2. LES RISQUES PROFESSIONNELS :

-
La prise en compte du stress
- L’hygiène des locaux
- L’hygiène personnelle
- La sécurité contre les violences physiques
- La protection contre les risques infectieux ou les matériaux dangereux
- L’application des postures de sécurité
- Le matériel de protection, le risque d’allergies et/ou de maladies professionnelles
- La sécurité contre les accidents de travail
- La possibilité de suivre des formations adaptées
- La gestion des risques d’erreurs
- La précision des consignes
- Le temps imparti à chaque patient


3. LA CHARGE PHYSIQUE :

-
L’aménagement des ports de charges lourdes
- L’apprentissage des postures physiques adaptées
- La possibilité de s’accorder un temps de repos physique
- La répartition de la charge de travail
- La possibilité d’être aidé pour la manipulation des charges
- La mobilité du matériel lourd
- L’accessibilité des différents types de matériel
- La gestion des déplacements
- La fonctionnalité du matériel
- La fonctionnalité des tenues professionnelles


4. LA CHARGE MENTALE :

- La quantité d’informations adaptée au temps disponible

- La cohérence des consignes à réaliser
- Le temps accordé à chaque tâche
- La diversité des tâches à accomplir
- La qualité du travail effectué
- Le sentiment d’efficacité
- La communication interne et la circulation de l'information
- La facilité de communication à distance
- La possibilité d’exposer des difficultés rencontrées
- Les compétences des collègues et travail en équipe
- La fiabilité des collègues pour des remplacements
- La gestion des conflits interpersonnels
- Le prestige du poste


5. LA CHARGE PSYCHIQUE :

-
La relation avec la douleur
- La relation avec la maladie
- La relation avec la mort, les décès
- La relation avec la souffrance
- La relation avec les blessures et le sang
- La possibilité de parole
- La possibilité d’écoute
- La gestion des conflits par la hiérarchie
- La gestion des conflits entre personnes extérieurs à l’entreprise
- La gestion du stress professionnel
- La gestion de l’agressivité des personnes extérieurs à l’entreprise
- La gestion de l’agressivité des collègues
- Les harcèlements et/ou l’absence de communication



6. LES RELATIONS DE TRAVAIL :

- Les relation avec les chefs d’entreprise
- Les relations avec les supérieurs hiérarchiques
- Les relations avec les collègues
- Les relations avec les stagiaires
- Les relations avec le personnel d’entretien
- Les relations avec les collègues d’autres services
- Les relations avec le personnel administratif
- Les relations avec les personnes extérieurs à l’entreprise
- L’entraide et le soutien dans l’équipe
- Le respect et l’écoute avec collègues
- Le respect et l’écoute avec les supérieurs


7. LE CONTENU DU TRAVAIL :

-
L’autonomie et l’initiative dans le travail
- Le temps de repos
- La facilité du travail
- La valorisation du travail effectué
- L’utilité du travail
- L’utilisation des connaissances et des capacités
- La satisfaction en fin de journée
- La responsabilisation
- La possibilité d’apprendre et de se développer
- La corrélation entre la théorie et les pratiques
- La corrélation entre les attentes et les moyens disponibles
- La possibilité d’évolution dans l’établissement


8. LES INCERTITUDES :

- L’information des changements d’organisation, de planning
- La transmission des modifications de procédures
- La gestion de l’urgence
- La planification des journées de travail
- La prise en compte des difficultés de l’équipe
- L’information sur le fonctionnement de l’entreprise
- La prise en compte de l’avis de chacun
- L’organisation des réunions
- Les possibilités de progression et de formation
- Le dispositif d'évaluation professionnelle
- La quantité des effectifs en poste
- La gestion des compétences individuelles

- La sécurité de l’emploi et/ou la stabilité de l’entreprise
- La retraite


9. LES HORAIRES :

- Les horaires de travail
- La distribution des horaires et des plannings
- La possibilité de poser librement des congés
- Le temps disponible pour effectuer le travail demandé
- Le temps d’entreprendre d’autres activités après le travail
- Le temps de sommeil et de récupération
- La répartition de la charge de travail
- Le temps de présence sur le lieu de travail
- La possibilité de récupérer les heures supplémentaires
- Les temps de pause
- Les temps de repas
- La gestion des absences des collègues
- Les déplacements



10. LE FONCTIONNEMENT DE L’ENTREPRISE :

- Le rôle joué par les délégués du personnel, les syndicats
- La qualité du recrutement
- La gestion du personnel
- Les règlements et procédures
- Les interrelations entre les différentes services
- Le salaire en fonction du travail fourni
- Le fonctionnement administratif
- Le respect des valeurs du personnel
- La possibilité de formation
- L’aménagement des salles de repos
- L’écoute en cas de difficultés personnelles
- Les avantages sociaux
- La réputation de la fonction et/ou de l’entreprise



Avis à tous :

Tâchons, lorsque nous avons mal à notre travail, de poser les mots justes sur ce qui nous satisfaits ou nous insatisfaits. L’idée est de mettre en évidence ce qui ne nous convient pas pour essayer de le changer. Savoir où et pourquoi nous avons mal au travail pour pouvoir savoir comment résoudre.


Comme nous pouvons le constater : le salaire n’est qu’un critère parmi d’autres qui pourrait expliquer la satisfaction ou l’insatisfaction au travail. Il existe tellement d’autres paramètres …
En y regardant de plus près, nous pouvons nous apercevoir que cette notion de satisfaction ou l’insatisfaction au travail dépend considérablement de nos valeurs et de nos représentations sociales.


Mon propos n’est pas de justifier telle ou telle pratique. Il est simplement de considérer et comprendre les paramètres psychosociologiques en action, pour pouvoir les contourner.
Il me semble important de bien connaître les règles du jeu avant de se lancer dans la partie.
Nous pouvons changer certains aspects de l’image que l’on donne, mais nous ne devons pas tout abandonner au détriment de nous-même.

Apprenons à nous connaître et à connaître le monde qui nous entoure …
Gardons en mémoire que, même si notre libre-arbitre est socialement limité, il existe néanmoins …


A bon entendeur

A bientôt.
15.

03/06/2008

Pensée du Mercredi (04/06/08)

Kennedy_king "Chaque fois qu’un homme défend un idéal, ou une action pour améliorer le sort des autres ou s’élever contre une injustice, il envoie dès lors une petite vague d’espoir."
Robert Fitzgerald Kennedy (20/11/1925 - 05/06/1968)


A bientôt.
15.
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