Casier judiciaire et Insertion Professionnelle
Bonjour à tous,
Suite à la demande d’une internaute, je reviens sur le casier judiciaire et "ses conséquences" sur l’emploi ou la recherche d’emploi :
Rappels :
Le casier judiciaire
Il existe trois sortes d’extraits de casier judiciaire (ou bulletin) :
Le bulletin n°1 :
Ne peut être obtenu que par le Procureur de la République, il contient toutes les condamnations. (Articles 774 et suivants du Code de procédure pénale).
Le bulletin n°1 (B1) est communiqué à tout tribunal qui en fait la demande. Il comporte toutes les décisions de condamnation inscrites à Nantes. C'est le relevé intégral. Il n'est communiqué qu'aux tribunaux ; il a pour d’objet d’informer les magistrats dans le cadre des procédures judiciaires.
Le bulletin n°2 :
Est demandé par l’Administration, notamment quand on vise un emploi administratif. (articles 775 et suivants du Code de procédure pénale). La liste des destinataires potentiels du B2 est détaillée dans les articles 776 et R79 du Code de Procédure Pénal.
Le B2 reprend seulement une partie des informations du B1.
Toute Administration (administrations publiques, collectivités locales, certaines autorités et entreprises publiques) peut réclamer communication du B2, qui ne contient le relevé que de quelques condamnations : condamnations pour crimes et délits prononcées sans sursis (peines fermes) ; il sert à limiter l’accès à certaines fonctions, emplois ou distinctions, à encadrer l’exercice de certains droits, etc.
En effet, n’y figurent pas certaines condamnations :
– soit parce qu’elles n’y sont jamais inscrites par nature (exemple : les peines pour mineurs).
– soit parce qu’il a été décidé qu’elles n’y seraient pas inscrites.
– soit, pour les condamnations avec sursis, à partir du moment où le sursis ne peut plus être révoqué.
Le bulletin n°3 :
Peut être obtenu par la personne qu’il concerne, il ne contient que les condamnations les plus graves (Articles 777 et suivants du Code de procédure pénale).
Le bulletin n°3 (B3) est communiqué au condamné lui-même et seulement à lui (ou par le tuteur légal, s'il s'agit d'un mineur). Un employeur ne peut pas demander directement communication du casier judiciaire de son employé. Il doit passer par l'employé.
Toute autre demande est interdite,et punissable selon l'article 781 du Code de Procédure Pénale. Il sert à attester de l’absence de condamnation grave.
On n’y trouve que :
- les peines de prison ferme de plus de 2 ans (tant qu’elles restent inscrites au B2).
- les peines de prison inférieures à deux ans mais dont le tribunal a décidé l’inscription au B3.
- les interdictions et déchéances pendant la période où elles s’appliquent.
- les décisions prononçant le suivi socio judiciaire prévu par l'article 131-36-1 du Code pénal ou la peine d'interdiction d'exercer une activité professionnelle ou bénévole impliquant un contact habituel avec des mineurs, pendant la durée de la mesure.
En fait, "Rien n’interdit à l’employeur de demander, lors du processus de recrutement, à examiner le casier judiciaire de la personne." Il peut demander à l'employé de lui fournir un Bulletin N°3 du Casier judiciaire mais n'a pas autorité pour se le procurer lui-même (sauf, bien sûr, si l'employeur est une administration ou dépend des services de l'Etat).
Mais en cherchant sur Internet, j’ai aussi trouvé un arrêt de la Cour de Cassation (chambre sociale) en date du 25 avril 1990 (Bull. n°186 p113) qui relève que le salarié n'a pas "l'obligation de faire mention d'antécédents judiciaires" et que le silence gardé à ce niveau "n'avait pas de caractère dolosif". (dolosif = frauduleux, malhonnête)
http://www.courdecassation.fr/publications_cour_26/rapport_annuel_36/rapport_2005_582/quatrieme_partie_jurisprudence_cour_590/travail_securite_593/droit_du_travail_594/sante_securite_au_travail_597/embauche_silence_7838.html
En clair, ça signifie que l’employé n’est pas tenu (au regard de la Loi) de justifier ses antécédents judiciaires.
La demande d’un employeur peut être légitime, justifiée et parfois obligatoire lorsque l'employé est en contact direct avec "des personnes fragiles" (enfants, personnes âgées et / ou handicapés ...) et/ou en contact avec des informations ou des matériaux sensibles (documents officiels et confidentiels, argent, objets de valeur ...) : aide à la personne et professions de soins, comptabilité et gestion, sécurité et surveillance, enseignement et formation … En clair, cela signifie que si nous avons une condamnation au B2 ou au B3, certains emplois nous seront systématiquement refusés (du moins, pendant la période où elle s’applique).
Même si la demande peut surprendre (pour les autres secteurs), je pense que, si nous n'avons aucun antécédent judiciaire, il serait préférable de lui fournir le document qu'il nous demande. Car, si nous refusons, il peut penser que nous avons quelque chose à nous reprocher et donc nous exclure du processus de recrutement (pour un autre "motif", sinon l’employeur tombe sous le coup de la discrimination à l’embauche).
Enfin, j’ai entendu dire que certains employeurs s’autorisaient parfois à faire la demande au nom du salarié pour "simplifier" les démarches. Si tel est le cas, le document final doit impérativement parvenir au salarié concerné à son domicile pour des raisons de confidentialité, et non arrivé à l’adresse de l’employeur (article 781 du Code de Procédure Pénale).
Voir aussi :
http://www.wmaker.net/hervecausse/index.php?action=article&numero=192&print=1
(Re) Voir :
http://insertionvincent.blogemploi.com/mon_weblog/2006/11/obtension_dun_c.html
http://insertionvincent.blogemploi.com/mon_weblog/2007/08/arrt-du-ministr.html
A bon entendeur,
A bientôt.
15.



















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